OTTAWA, 12 fév 2009 (AFP). Le Canada veut profiter de l'arrivée au pouvoir de Barack Obama pour parvenir à une politique commune nord-américaine de lutte contre les émissions de gaz à effet de serre, tout en préservant son économie, a indiqué jeudi son ministre de l'environnement.
"A ce moment de l'histoire, il y a une occasion unique de travailler ensemble en tant que Nord-américains pour parvenir a de véritables progrès concertés sur l'environnement" et "harmoniser" les mesures dans ce domaine, a déclaré le ministre Jim Prentice, après une comparution devant une commission parlementaire.
Le président Obama est attendu la semaine prochaine à Ottawa pour sa première visite à l'étranger et l'environnement ainsi que l'énergie devraient figurer en bonne place dans le menu des entretiens.
Notant que les émissions de gaz à effet de serre (GES) ignorent les frontières, M. Prentice a plaidé devant la commission parlementaire pour un "régime de régulation nord-américain".
Un des principaux objectifs du gouvernement conservateur en matière d'environnement est de parvenir avec les Etats-Unis "à une approche coordonnée des défis environnementaux et énergétiques", a-t-il dit.
Il a exprimé l'espoir de parvenir avec la nouvelle administration à un "accord nord-américain sur un système de cibles et d'échanges de droits d'émissions (cap and trade system)".
Mais M. Prentice a en même temps souligné qu'il fallait prendre garde de ne pas imposer des charges excessives aux entreprises dans la situation actuelle de ralentissement économique.
L'opposition a affirmé de son côté que, contrairement à ce qu'affirme le gouvernement canadien, les cibles de réduction annoncées par M. Obama lors de sa campagne sont beaucoup plus ambitieuses que les siennes.
"Le Canada fait figure de retardataire a l'échelle mondiale (...) comment négocier si nous n'avons rien à mettre sur la table", a déclaré David McGuinty porte-parole pour l'environnement de la principale formation d'opposition, le parti libéral.
Après avoir jugé inatteignables les objectifs de réduction de GES fixés par le protocole de Kyoto, le gouvernement conservateur canadien s'est donné pour objectif de réduire de 20% les émissions de GES d'ici 2020, par rapport à leur niveau de 2006.
M. Prentice a aussi fait valoir que le Canada "joue et continuera à jouer à l'avenir un rôle majeur dans l'équation énergétique américaine".
Le Canada est le principal fournisseur énergétique des Etats-Unis. Et une bonne partie de cette énergie provient du pétrole des sables bitumineux de l'Alberta (ouest), une exploitation polluante qui contribue largement aux émissions de GES canadiens, mais est aussi importante pour l'économie du pays.